L’artiste n’ouvre pas littéralement une fenêtre sur le monde mais transmet une sensation mouvante.
Dans des camaïeux subtils l’artiste imprime des fleurs translucides ou des montagnes enchaînées. Tandis qu’herbes et roseaux bruissent au vent léger, des échos résonnent dans le lointain. En arrière-plan de l’image une longue litanie se déroule par la répétition de sons monosyllabiques calligraphiés en coréen et qui n’ont pas de sens particulier. En effet il s’agit plutôt d’une musique égrenée, réminiscente de celle de l’enfance, quand la jeune Hyun apprenait et répétait inlassablement les traits formant les caractères.
A la suite des maîtres anciens la graveuse allie la calligraphie et les composantes du paysage, pour révéler la poésie du monde. Une fleur n’est pas une fleur, elle est le vent, l’ombre et la lumière.